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J’ai refait un de nos sites sur WordPress. Il a perdu 31 points.

Le même site, mesuré le même jour (17 août 2026) : 69 sur 100 en vitesse sur téléphone pour la version WordPress avec plugins d’agence, 100 pour la version que nous avons bâtie, sans plugins. L’image principale s’affiche en 5,8 secondes au lieu de 1,4. La différence vient des plugins, pas du contenu.
J’ai construit deux fois le même site de couvreur. Mêmes textes, mêmes photos, même page, jusqu’au même titre. Une seule chose change : ce qu’il y a en dessous.
Qu’est-ce qu’on a comparé, exactement?
Le premier site est une de nos réalisations : une page pour un couvreur de Laval, bâtie comme on bâtit tous nos sites. Des pages fixes, pas de plugins. Il est public, vous pouvez le voir.
Le deuxième, je l’ai monté sur WordPress comme le ferait la majorité des agences, avec des plugins : ces modules qu’on ajoute à WordPress pour lui donner des fonctions qu’il n’a pas tout seul. Pas un WordPress saboté pour perdre. Le contraire : j’ai pris ce qui est le plus installé au monde. Un thème gratuit populaire (Astra, plus de 1 million de sites), un constructeur de pages (Elementor, plus de 10 millions), un plugin de référencement (plus de 10 millions), un formulaire de contact (plus de 10 millions), un bandeau de témoins de connexion, l’outil de statistiques de Google. Et un plugin d’accélération, qui garde une copie toute prête de chaque page pour la servir plus vite.
J’ai même donné deux avantages à la version WordPress : les mêmes images déjà compressées que sur notre version, et le plugin d’accélération activé. Une agence pressée ne fait souvent ni l’un ni l’autre.
Puis j’ai mesuré les deux avec PageSpeed Insights, l’outil gratuit de Google qui note la vitesse d’un site sur 100. Même journée, même réseau. Le détail complet du montage est en fin d’article, dans la section pour les développeurs.
Les résultats

Les deux rapports, tels que Google les affiche. Voici les chiffres côte à côte :
| WordPress avec plugins | Notre version | |
|---|---|---|
| Vitesse sur téléphone | 69 | 100 |
| Accessibilité | 94 | 100 |
| Première phrase affichée | 3,0 secondes | 0,9 seconde |
| Image principale affichée | 5,8 secondes | 1,4 seconde |
| Données téléchargées | 4 fois plus | 4 fois moins |
| Fichiers téléchargés | 32 | 9 |
Tout ça mesuré le 17 août 2026. Les liens vers les deux rapports sont en fin d’article.
Pourquoi la même page prend-elle trois fois plus de temps à s’afficher?
Voici la chaîne, au complet :
- Chaque plugin apporte son propre code. Le constructeur de pages en ajoute, le plugin de référencement en ajoute, le bandeau en ajoute, les statistiques aussi.
- Le téléphone de votre client doit télécharger tout ce code avant d’afficher quoi que ce soit. Sur notre mesure, les fichiers de style des plugins bloquent l’affichage pendant environ 2 secondes. Deux secondes d’écran blanc.
- Au total, la même page passe de 9 fichiers à 32, et pèse quatre fois plus. Tout ça descend sur le réseau cellulaire, dans le stationnement, pendant que votre client cherche votre numéro de téléphone.
- Pendant ce temps, il attend. Google a mesuré en 2016, sur des milliers de sites, que la moitié des visites sur cellulaire sont abandonnées quand la page prend plus de 3 secondes1. Notre version WordPress affiche sa première phrase à 3,0 secondes. Pile sur la ligne.

C’est comme envoyer un camion de 12 pieds livrer une enveloppe. Le camion se rend, mais le client a eu le temps de retourner sur Google, et le prochain couvreur de la liste est à un clic.
69, c’est grave?
Google classe les notes en trois zones : 90 à 100, c’est vert; 50 à 89, c’est « à améliorer »; sous 50, c’est rouge2. 69 est dans le jaune. C’est exactement la note que bien des propriétaires découvrent après avoir payé plusieurs milliers de dollars pour leur site.
Une objection revient tout le temps : non, Google ne classe pas votre site d’après ce score. Google mesure ce que vivent vos vrais visiteurs, sur leurs vrais téléphones. C’est vrai. Mais le score sert à trois choses, et les trois vous concernent :
- Il prédit ce que vos visiteurs vont vivre. Le test charge votre page sur un téléphone moyen simulé, avec une connexion bridée, de la même façon à chaque fois. Une page quatre fois plus lourde est quatre fois plus lourde pour tout le monde. Et un site neuf n’a aucune donnée de vrais visiteurs pendant des semaines : le jour de la livraison, ce score est la seule mesure qui existe.
- Il est refaisable par n’importe qui, en deux minutes, gratuitement. Y compris par vous, sur le site qu’on vient de vous livrer.
- Son rapport dit quoi réparer. C’est lui qui m’a montré les 2 secondes de blocage et le problème de lisibilité du bandeau dont je parle plus bas.
Google ne vous classe pas avec ce score. Le score prédit ce que vos vrais visiteurs vont vivre, et c’est ça que Google mesure. Et Google évalue la version téléphone de votre site, pas celle de votre écran d’ordinateur : c’est écrit dans sa propre documentation3.
Le bandeau que vous n’aurez pas à afficher
Avant même les chiffres, la différence se voit à l’œil nu. La version WordPress accueille chaque visiteur avec un bandeau « J’accepte / Refuser » qui couvre le bas de l’écran. Pas la nôtre.

Ce bandeau n’est pas une décoration. Le montage d’agence typique installe l’outil de statistiques de Google pour compter vos visites. Google écrit lui-même, dans sa documentation, que cet outil dépose des témoins de connexion (les fameux cookies) pour identifier chaque visiteur d’une visite à l’autre4. Or la loi québécoise, depuis la Loi 25, encadre les technologies qui permettent d’identifier une personne ou de suivre ce qu’elle fait : l’article 8.1 exige d’informer la personne et de lui offrir le moyen d’activer ces fonctions5. Dans son propre exemple, la Commission d’accès à l’information montre des témoins de suivi désactivés par défaut, que le visiteur choisit d’activer6. Donc : un bandeau. Donc un plugin de plus. Donc encore du code à télécharger.
Dans notre mesure, les boutons « J’accepte » et « Refuser » du bandeau, dans leur style livré par défaut, échouent eux-mêmes au test de contraste : le texte n’est pas assez foncé sur son fond pour rester lisible. C’est la cause du 94 en accessibilité. L’outil de mesure de visites crée le besoin du bandeau, et le bandeau fait perdre des points.
Nos sites n’affichent pas de bandeau, parce qu’ils n’en ont pas besoin : les statistiques que nous utilisons ne déposent aucun témoin et n’identifient personne. Il n’y a rien à consentir.
Et la sécurité : 11 334 failles, presque toutes au même endroit
En 2025, 11 334 nouvelles failles de sécurité ont été recensées dans WordPress, ses thèmes et ses plugins, selon le rapport annuel de Patchstack, une firme de sécurité spécialisée dans WordPress (donc intéressée au sujet, je le précise, mais c’est la base de données de référence du milieu). Sur ce total, 91 % se trouvaient dans les plugins. Le cœur de WordPress lui-même : 6 failles, toutes mineures7.
Le mécanisme est le même que pour la vitesse. Les failles entrent par les portes qu’on ajoute sur WordPress. Chaque plugin est une porte de plus, écrite par quelqu’un d’autre, mise à jour ou non. Et 46 % de ces failles étaient publiques avant même qu’un correctif existe7: « faites vos mises à jour » ne couvre pas ce créneau-là.
Une page fixe, sans plugins, n’a pas ces portes. La surface n’existe pas.
« Oui, mais un WordPress bien fait peut scorer 90 et plus »
C’est vrai. La documentation de Google elle-même précise qu’un score de 100 est très difficile à atteindre, sur n’importe quelle plateforme2. Un spécialiste qui passe des jours à dégraisser un WordPress peut le sortir du jaune.
Mais ce n’est pas ce que j’ai mesuré. J’ai mesuré la livraison courante : le thème et les plugins les plus installés au monde, avec le plugin d’accélération activé et des images déjà compressées. Le travail de spécialiste, lui, se facture en supplément, et rien ne vous garantit qu’il a été fait. D’où la seule question qui compte quand vous magasinez un site : « Quel score allez-vous me livrer, et comment je le vérifie? »
Ce que ça change pour vous
- Mesurez votre site aujourd’hui. Allez sur pagespeed.web.dev, collez votre adresse, regardez la note « téléphone ». Deux minutes, gratuit, aucune installation.
- Si vous magasinez un site : exigez le score avant le paiement final, avec la date de la mesure et l’adresse mesurée. Un professionnel qui livre du vert n’a aucune raison de refuser.
- Si votre site actuel est dans le jaune : avant de blâmer vos photos, comptez ses plugins.
Le même contenu, deux scores
Mêmes textes, mêmes photos : 69 d’un côté, 100 de l’autre. La différence, c’est ce qu’il y a en dessous. Nos sites sont à 50 $ par mois, tout inclus, et je m’engage sur un score d’au moins 95 à la livraison : c’est vérifiable en deux minutes, par vous, avec l’outil de Google. Demandez une soumission, et si vous avez déjà un site, envoyez-moi simplement son adresse : je vous renvoie sa mesure, avec la date.
Pour les développeurs : comment on a mesuré
Section technique, assumée. Le lecteur pressé a déjà tout ce qu’il lui faut.
Les deux sites ont été servis depuis la même machine, exposés par le même tunnel
Cloudflare, et mesurés la même journée (17 août 2026) avec PageSpeed Insights,
version mobile. Le témoin est le dist/ statique du site du couvreur, servi par
nginx avec compression gzip et en-têtes de cache longs sur les fichiers empreints :
servir le témoin sans compression aurait handicapé la comparaison dans l’autre sens,
puisque Apache sert le jumeau avec minification et compression via son plugin de
cache.
Le jumeau : WordPress 7.0.4 (PHP 8.2), thème Astra 4.13.9 non modifié, page construite avec Elementor 4.2.2, Yoast SEO 28.2, Contact Form 7 6.1.7, Cookie Notice 3.1.6 (style par défaut), extrait Google Analytics 4 injecté via WPCode Lite 2.3.8, W3 Total Cache 2.10.5 avec cache de page, cache navigateur et minification actifs. Contenu, images sources, ordre des sections, menu et textes alternatifs identiques au témoin. Deux avantages donnés au jumeau : images déjà optimisées en WebP, plugin de cache actif. Deux écarts connus : l’en-tête est celui d’Astra, et la barre d’appel fixe mobile du témoin n’existe pas côté WordPress.
Une mesure PageSpeed par site, assumée comme telle, corroborée par une paire de mesures Lighthouse locales (12.8.2) contre les mêmes tunnels : 68 contre 98 en local, 69 contre 100 sur PageSpeed. Deux environnements, le même écart d’environ 30 points.
- Rapport PageSpeed du jumeau : https://pagespeed.web.dev/analysis/https-precisely-offerings-utility-legacy-trycloudflare-com/uxepk52e5v?form_factor=mobile
- Rapport PageSpeed du témoin : https://pagespeed.web.dev/analysis/https-gamecube-tom-knowledgestorm-polymer-trycloudflare-com/dtffr5sq7e?form_factor=mobile
- Le site témoin en production : https://demo-boreal-toiture.clemanitor12.workers.dev/ (100 sur téléphone en production, confirmé le 17 août 2026; la mesure de laboratoire ci-dessus servait le même bâti depuis la même machine que le jumeau, pour que seul le logiciel change).
Les deux montages étaient temporaires et tournaient sur la même machine : le jumeau WordPress et la copie locale du témoin ont été détruits le 17 août 2026, le jour même de la mesure. Le site témoin reste en ligne en production, lui : le site de Boréal Toiture. Les adresses de tunnel sont mortes avec les montages; les rapports, captures d’écran et le manifeste des versions sont archivés.
Sources
Les liens vers les sources s’ouvrent dans un nouvel onglet.
-
Google, indexation mobile-first (mise à jour du 10 décembre 2025)
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Google, « Cookies and user identification » (GA4) (mise à jour du 22 juillet 2026)
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CAI, « Lignes directrices 2023-1 – Consentement : critères de validité » (31 octobre 2023)
-
Patchstack, « State of WordPress Security in 2026 » (failles 2025)
Questions fréquentes
- C’est quoi, un bon score PageSpeed?
- 90 et plus, la zone verte de Google. Entre 50 et 89, Google écrit « à améliorer ». Sous 50, rouge. Visez le vert: c’est atteignable, nos sites en ligne le prouvent.
- Est-ce que WordPress lui-même est le problème?
- Non. Le cœur de WordPress n’a eu que 6 failles mineures en 2025, et un WordPress sans plugins reste raisonnablement rapide. Le problème est l’empilement de plugins qu’on livre par-dessus: 91 % des failles recensées en 2025, et l’essentiel du poids que votre visiteur télécharge.
- Comment vérifier le score de mon site?
- Allez sur pagespeed.web.dev, collez votre adresse, lisez la note « téléphone ». C’est l’outil de Google, gratuit, et refaisable devant votre agence.
- Mon agence dit que le score ne compte pas pour Google. Elle a raison?
- À moitié. Google classe d’après ce que vivent vos vrais visiteurs, pas d’après ce score. Mais le score prédit justement ce qu’ils vont vivre, il est vérifiable par vous, et son rapport dit quoi réparer. Un site neuf n’a aucune autre mesure le jour de la livraison.